Justice pour les mineurs détenus : l’urgence d’agir face à une violation silencieuse des droits de l’enfant
Assistance
Publié le mars 31, 2026 par ALI MOHAMADOU
L'ESSENTIEL
Nous ne pouvons pas encore parler de victoire. Certes, quelques libérations redonnent espoir. Le lundi 30 mars 2026, quatre mineurs ont retrouvé la liberté. Avant eux, […]

Découvrez ci-dessous le témoignage complet et les actions entreprises par l'AAIED.
Le témoignage complet
Le récit, tel que documenté par nos équipes de terrain
Nous ne pouvons pas encore parler de victoire.
Certes, quelques libérations redonnent espoir. Le lundi 30 mars 2026, quatre mineurs ont retrouvé la liberté. Avant eux, le jeudi 19 mars 2026, deux autres avaient déjà été libérés, dont le plus jeune, incarcéré à seulement 13 ans.
Mais derrière ces lueurs d’espoir, la réalité reste alarmante.
De nombreux enfants sont encore en détention, accusés de « troubles à l’ordre public » pour avoir participé à des marches pacifiques. Aujourd’hui, ces mineurs, déjà fragilisés par leur situation, font face à une double peine : l’enfermement et la stigmatisation. Ils deviennent des sujets de moqueries, oubliés par une société qui devrait pourtant les protéger.
Et pourtant, la véritable urgence est ailleurs.
Le cas d’Ovi : une urgence humanitaire
Ovi, 16 ans, est détenue depuis le 27 octobre 2025. Son état de santé ne cesse de se dégrader. De plus en plus affaiblie, elle a aujourd’hui un besoin urgent de soins médicaux et d’assistance. Son cas n’est pas isolé, mais il symbolise une situation critique qui exige une intervention immédiate.
Une détention conditionnée par des moyens financiers
Dans les prisons de Ngoma et de New-Bell, de nombreux mineurs restent privés de liberté pour une raison profondément injuste : l’incapacité de payer une amende de 100 000 FCFA par personne, ainsi que de fournir deux garants.
Cela soulève une question fondamentale : la liberté d’un enfant doit-elle dépendre de ses moyens financiers ?
Un rappel essentiel : les droits des enfants ne sont pas négociables
Selon la Convention relative aux droits de l’enfant, ratifiée par de nombreux États, dont le Cameroun :
- La détention d’un enfant doit être une mesure de dernier ressort et d’une durée aussi brève que possible.
- Tout enfant privé de liberté doit être traité avec humanité et dans le respect de sa dignité.
- Chaque enfant a droit à des soins de santé appropriés.
- L’accès à la justice ne doit jamais être conditionné par des ressources financières.
Par ailleurs, des organisations comme UNICEF, Amnesty International ou encore Human Rights Watch rappellent régulièrement que les enfants en conflit avec la loi doivent bénéficier de mesures éducatives et de protection, et non de traitements punitifs disproportionnés.
Un appel à la responsabilité collective
Nous ne pouvons pas détourner le regard.
Ces enfants ne sont pas des criminels à abandonner, mais des vies à protéger, des avenirs à reconstruire. Leur détention prolongée, leur état de santé préoccupant et les conditions de leur libération posent un véritable problème de justice sociale et de respect des droits fondamentaux.
Aujourd’hui, il est impératif :
- D’assurer la prise en charge médicale urgente d’Ovi
- De faciliter la libération des mineurs détenus pour incapacité de paiement
- De garantir un accompagnement socio-éducatif adapté
- De mettre fin à toute détention abusive de mineurs
Chaque jour qui passe sans action aggrave une injustice que nous avons collectivement le devoir de corriger.
Parce qu’un enfant, quelle que soit sa situation, reste avant tout un enfant.
































