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Adolescents en conflit avec la loi : entre intimidation et injustice

Assistance

Publié le août 21, 2025 par ALI MOHAMADOU

L'ESSENTIEL
Aujourd’hui, je prends la parole au nom de l’association d’assistance à l’intégration des enfants défavorisés (AAIED), association qui accompagne depuis 21 ans les enfants et adolescents […]

Découvrez ci-dessous le témoignage complet et les actions entreprises par l'AAIED.

Le témoignage complet

Le récit, tel que documenté par nos équipes de terrain

Aujourd’hui, je prends la parole au nom de l’association d’assistance à l’intégration des enfants défavorisés (AAIED), association qui accompagne depuis 21 ans les enfants et adolescents défavorisés, et officiellement depuis 14 ans ceux en conflit avec la loi.

Avant toute chose, je tiens à remercier les forces de police et de gendarmerie. Votre travail sur le terrain n’est pas facile et nous permet, à nous tous, de vivre dans une relative sécurité. Mais ce que je m’apprête à partager ne doit pas être ignoré.

Au fil des années, j’ai vu ce qui était autrefois marginal devenir un phénomène récurrent et alarmant : des adolescents sont aujourd’hui détenus à cause de techniques d’interrogatoire intimidantes et traumatisantes. Sous la pression, leur jeune cerveau « bug », leur mémoire se bloque et, souvent, ils ne peuvent même plus contacter leurs parents.

J’ai rencontré des adolescents issus de familles respectables, mais aussi des jeunes défavorisés, tous victimes des mêmes abus. À la prison centrale de Douala New-Bell, nous avons constaté des situations insoutenables : des adolescents gardés jusqu’à trois semaines en cellule, sans intervention judiciaire rapide ; des adolescents placés avec des majeurs, ce qui les expose à des violences physiques et psychologiques ; des jeunes privés de tout contact familial, qui n’ont d’autre recours que notre association pour retrouver leurs proches.

Ces pratiques sont non seulement illégales, mais moralement inacceptables. Chaque jour où un adolescent est détenu dans ces conditions, c’est son avenir qui est compromis.

J’ai alerté le Délégué général à la sûreté nationale ainsi que le Secrétaire d’État à la défense. Malgré cela, aucune mesure concrète n’a été prise, et la situation ne fait que s’aggraver.

Nous ne pouvons plus fermer les yeux. La responsabilité est collective : protéger ces adolescents, c’est protéger notre société de demain. Chaque jeune maltraité, chaque garde abusive est une fracture dans le tissu social que nous construisons.

Je lance donc un appel solennel : aux forces de l’ordre, soyez conscients de l’impact de vos méthodes sur des esprits fragiles. Aux autorités, il est temps d’agir et de mettre en place des mécanismes de protection réels pour les mineurs en conflit avec la loi. À nous tous, citoyens, associations et familles, soyons vigilants et exigeons que la justice pour mineurs soit réellement juste, humaine et protectrice.

Ces adolescents ne sont pas des chiffres, ni des faits divers. Ce sont des vies, des avenirs, et parfois des talents brisés avant même d’avoir eu la chance de s’exprimer. Chaque jour compte, chaque intervention peut faire la différence.

Il est temps de transformer l’inquiétude en action, la dénonciation en solution. Nos enfants méritent justice, protection et humanité.

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Chaque signalement, chaque don, chaque partage aide l'AAIED à protéger un mineur en détention au Cameroun.

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