Compte rendu détaillé des activités – Jeudi 20 novembre
Réinsertion Sociale
Publié le novembre 27, 2025 par ALI MOHAMADOU
L'ESSENTIEL
Le jeudi 20 novembre, notre équipe a effectué une descente à la prison centrale de Ngoma dans le cadre du suivi des jeunes interpellés lors des […]

Découvrez ci-dessous le témoignage complet et les actions entreprises par l'AAIED.
Le témoignage complet
Le récit, tel que documenté par nos équipes de terrain
Le jeudi 20 novembre, notre équipe a effectué une descente à la prison centrale de Ngoma dans le cadre du suivi des jeunes interpellés lors des manifestations liées à la crise post-électorale. L’objectif principal de cette mission était d’identifier les personnes dont la garde administrative avait déjà dépassé les délais légaux, mais qui n’avaient toujours pas été entendues par une autorité compétente.
1. Identification et profil des personnes rencontrées
Au cours de cette visite, nous avons pu échanger avec 41 jeunes encore détenus. La répartition de leurs origines est la suivante : 3 Centrafricains, 24 jeunes originaires des régions du Nord, 13 ressortissants de l’Ouest, 1 du Nord-Ouest, 1 du Centre.
Parmi ces 41 jeunes, nous avons également recensé : 8 élèves, dont 7 sont actuellement en classe d’examen, 2 jeunes présentant des blessures nécessitant un suivi médical, 1 jeune manifestement en situation d’instabilité mentale, qui requiert une prise en charge adaptée.
Cette diversité de profils témoigne de l’ampleur des interpellations, touchant aussi bien des mineurs, des élèves, que des jeunes adultes parfois fragilisés par leur état physique ou psychologique.
2. Appel à l’action des parties concernées
Face à ces constats, nous invitons toutes les autorités et institutions concernées à se pencher urgemment sur chacun de ces cas. Le non-respect des délais de garde administrative ainsi que la présence d’élèves en période d’examen et de personnes vulnérables rendent la situation particulièrement préoccupante.
3. Suite de la mission : Groupement de gendarmerie de Bonanjo
Après la visite de Ngoma, notre équipe s’est rendue au Groupement de gendarmerie de Bonanjo. Il s’agit du point central d’où proviennent la majorité des jeunes encore en détention, contrairement à ceux ayant transité par la Police judiciaire.
Sur place, nous avons rencontré l’enquêteur chargé du dossier. Celui-ci nous a informés que la procédure ne relevait plus de leur compétence, mais avait été transférée au Tribunal militaire.
4. Travail au Tribunal militaire
En date du 23 novembre, nous avons poursuivi la mission au Tribunal militaire, où nous avons pu collaborer dans un climat de dialogue et de compréhension avec les autorités judiciaires présentes.
Un juge d’instruction nous a expliqué que le dossier avait été confié au Tribunal militaire en raison de la nature des faits : des membres des forces de l’ordre auraient été victimes de violences physiques lors de la marche. Conformément aux dispositions légales en vigueur, tout acte impliquant des attaques ou violences envers des agents en tenue relève automatiquement de la compétence de la juridiction militaire.
Cette mission souligne à nouveau l’importance de garantir le respect des droits fondamentaux des jeunes détenus, tout en assurant le bon déroulement des procédures judiciaires. Elle met en lumière la nécessité d’une coopération harmonieuse entre les différentes institutions : prisons, forces de l’ordre et tribunaux.
Nous réaffirmons notre engagement à suivre de près la situation de chaque jeune, en particulier les élèves, les blessés et les personnes vulnérables, et à œuvrer pour que justice et protection soient pleinement assurées dans le respect des lois nationales et internationales.































